BYD frappe un grand coup sur le marché de la conduite assistée et de la voiture électrique. Le constructeur chinois, déjà en compétition acharnée avec Tesla, franchit une nouvelle étape en intégrant gratuitement son système “God’s Eye” (ou DiPilot) à toute sa gamme, y compris les modèles les plus abordables. Une démarche qui révolutionne le secteur : alors que Tesla facture plusieurs milliers d’euros son FSD (Full Self-Driving), BYD choisit de démocratiser sa technologie de pointe.
Un système pensé pour toutes les bourses
Le choix de rendre “God’s Eye” accessible sur des voitures à partir de 10 000 euros comme la BYD Seagull illustre la stratégie tarifaire agressive du géant chinois. Avec plusieurs millions de véhicules vendus dans le monde en 2024, BYD se pose déjà comme un leader face à Tesla et d’autres marques émergentes. Offrir des aides à la conduite avancées sur des modèles d’entrée de gamme conforte cette position, en rendant la conduite intelligente presque aussi indispensable que l’airbag ou la ceinture de sécurité.
Trois niveaux de sophistication
La gamme “God’s Eye” se décline en trois versions, chacune adaptée à un segment particulier :
1) God’s Eye C (DiPilot 100)
- Principaux capteurs : 12 caméras, 5 radars à ondes millimétriques et capteurs à ultrasons,
- Puissance de calcul : 100 TOPS,
- Ciblage : modèles “grand public” comme la Seagull ou la Dolphin.
2) God’s Eye B (DiPilot 300)
- Ajout d’un LiDAR pour une meilleure détection,
- Puissance de calcul : 300 TOPS,
- Destiné à la marque premium Denza (par exemple le SUV Denza N7).
3) God’s Eye A (DiPilot 600)
- 3 capteurs LiDAR et une puissance de 600 TOPS,
- Réservé aux véhicules haut de gamme de la marque Yangwang (ex. le super 4×4 Yangwang U8).
Grâce à cette architecture modulaire, BYD adapte facilement les fonctionnalités selon les besoins du conducteur : stationnement autonome, freinage d’urgence, suivi de voie, etc. À terme, la marque prévoit d’activer de nouvelles options via de simples mises à jour logicielles.
Un pas décisif vers l’autonomie de conduite
Le nombre de capteurs embarqués (caméras, radars, LiDAR) dépasse largement ce qui est nécessaire pour la conduite assistée actuelle. L’idée ? Préparer le terrain à la conduite autonome de niveau 3 ou 4, dès que les autorités chinoises donneront leur feu vert. Il suffirait alors d’une mise à jour à distance pour débloquer la conduite 100 % assistée.
Cette approche rappelle la stratégie de Tesla, qui mise sur ses mises à jour OTA (Over The Air) pour faire évoluer en continu son Autopilot et son FSD. Mais à la différence de la firme d’Elon Musk, BYD préfère associer des LiDAR pour améliorer la détection des obstacles en milieu urbain, tout en maintenant un prix contenu.
Un modèle économique chamboulé
En offrant gratuitement les dernières innovations en matière de conduite assistée, BYD remet en question le modèle commercial de constructeurs comme Tesla, qui facturent encore leurs systèmes de pilotage automatique via abonnement ou en option payante.
Cette démocratisation de l’assistance à la conduite devrait accroître la concurrence en Chine, déjà intense en termes de prix. Pour les consommateurs, c’est une excellente nouvelle : avoir accès à un système de haut niveau pour un tarif ultra-compétitif. Pour les autres constructeurs, c’est un avertissement : l’innovation technologique devient un enjeu majeur, au même titre que la baisse des coûts.
Une vision de l’avenir
Le PDG de BYD, Wang Chuanfu, résume sa stratégie en une phrase : « La bonne technologie doit être accessible à tous ». En investissant massivement dans la recherche sur l’intelligence artificielle et en élargissant le champ d’application de sa conduite autonome, BYD souhaite asseoir son rôle de leader international de la mobilité électrique.
Avec ce nouveau coup d’éclat, le constructeur chinois s’impose comme une alternative sérieuse à Tesla sur le marché mondial. À l’heure où l’automobile se réinvente sous l’effet de la transition écologique et du boom des logiciels embarqués, BYD prouve que la compétition ne se joue plus seulement sur la batterie ou le design, mais aussi sur la démocratisation de la technologie. Les consommateurs sont les premiers gagnants de cette bataille technologique sans précédent.